Le rouge, le bleu, la lumière étrange des fleurs et du ciel se fond dans mes yeux et tout se mélange. En bas, les roses appellent au repos, elles parlent à mon cœur de sommeil grandiose… Je les regarde trop. Et le ciel, de toutes ses lueurs, éclaire sans la moindre pudeur la peine qui déforme mon visage en pleurs.
Longtemps j’ai cru que la nuit venait soulager les âmes à jamais perdues et qui souffrent en secret. Longtemps j’ai cru qu’elle viendrait me prendre au détour d’un rêve, sans douleur de plus… qu’il suffisait d’attendre. Mais c’est long, c’est long sans toi, trop long pour un homme qui n’aimait que toi.
Il reste ce soir un homme esseulé perdu quelque part entre le ciel et les roses. Il reste en mémoire l’image abimée d’un triste regard où la nuit se dépose. Il reste pourtant le parfum des fleurs qui là-bas se vantent de guérir ceux qui osent, il reste ce vent qui souffle à mon cœur la poésie sanglante d’un millier de roses.
Attends-moi un peu au creux d’un nuage, un pas de mieux et je plongerai de rage. A travers les cieux et tous les orages j’irai sécher tes yeux pour le reste des âges. Souviens-toi un peu ces nuits sur les plages à jurer qu’à deux on ferait tous nos voyages. Qu’importe le lieu où les âmes font naufrage, j’exaucerai nos vœux en suivant ton sillage.
Je vole vers ton cœur en déchirant le vent, en approchant ces fleurs qui m’appelaient tellement. La nuit n’est plus lente et enfin je repose dans la poésie sanglante d’un millier de roses.